"Rien qu'une seconde, juste le temps d'un instant inachevé que l'on voudrait prolonger"
Musique ♥J'avais oublié combien tout était beau ici, à quel point mon existence qui défilait au ralenti aimait s'arrêter en ces lieux. Tout était si calme, si reposant...et éprouvant. Je retrouvais dans les ombres des arbres, les jeux de mon enfance et parmi les feuilles dansantes sous la brise je croyais encore reconnaître les entailles de mon passé. Rien n'avait changé, ici à Greenwood Village notre petite ville située dans le Colorado. Le soleil réchauffait toujours de ses doux rayons sans jamais brûler, la chaleur s'évanouissait lorsque le vent venait nous apporter de l'air , l'horizon gardait cette teinte rosâtre digne des plus beaux clichés. Une année passée à Denver où j'avais eu peur chaque jour de ne pas retrouver ce décor si familier et rassurant que j'avais quitté, de perdre mes repères... Et pourtant à mon retour, la veille ,quand mes yeux s'étaient posés sur l'écorce de l'arbre des souvenirs j'avais été rassurée. C'était comme si le temps s'était figé à mon départ et que tout se réanimait enfin après une longue attente. Ma mère était toujours la même et le temps ne semblait pas avoir d'emprise sur elle. Toujours à s'inquiéter pour un rien à paniquer sans raison et elle demeurait maniaque, malgré cela elle restait adorable.
Le moindre détail de mes dix-sept années passées dans la maison me revinrent peu à peu en mémoire. Bien que je gardais certaines choses pour plus tard...
- Clara le dîner est prêt !, hurla ma mère depuis la cuisine comme si j'étais à un kilomètre d'elle alors que j'étais simplement adossée à la fenêtre.
Le dîner passa lentement, ma mère entretenait la conversation en tentant de capter mon attention. Je l'écoutai d'une oreille distraite à des années lumières de sa voix exaspérée et aigu. J'entendis malgré tout qu'elle voulait me présenter à son nouveau petit ami et potentiel mari, voilà une nouvelle qui ne m'enchanta guère. La dernière fois que j'avais fais l'erreur d'être présentée au père de remplacement, j'avais rougis comme jamais encore à cause d'un : "Elle est aussi mignonne qu'un sorbet de glace à la fraise" et puis il y avait aussi eu l'épisode de la manière pitoyable dont il embrassa ma mère sous mes yeux.
- Clara ! , s'exclama ma mère en pinçant les lèvres, chose qu'elle faisait lorsqu'elle était contrariée. Tu ne m'écoute pas à la fin.
- Excuse-moi maman, j'avais...la tête ailleurs. Tu parlais de Marc non ?
- Pas du tout j'avais fini, vu que tu t'en moquais complètement. Je disais que Madame Adamson t'a invité à venir dîner chez elle demain soir pour fêter ton retour , répéta-t-elle avec un sourire en coin.
- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu as dis qu'elle m'avait invité au lieu de "nous", lui fis-je remarquer.
- Parce que je dois impérativement être au gala de l'association, ils comptent sur moi, répliqua ma mère fière de son excuse.
- Ne compte pas sur moi, bougonnai-je. Je ne vois pas pourquoi je devrai y aller, je serai sans doute la seule à parler tandis que madame Adamson et son petit fils se tairont tout du long.
- Arrête ma chérie. Ton année d'apprentissage à Denver l'intéresse énormément et puis ce n'est pas comme si tu étais toute seule. Jason t'écoute toujours, tu le sais bien, insista ma mère.
- J'ai pas le choix , marmonnai-je en débarrassant les assiettes.
Ma mère avait le don de s'arranger pour créer des situations impossibles. Madame Adamson avait quatre vingt ans, bien qu'elle reste lucide, il n'en demeurait pas moins que je détestais entretenir la conversation.
Mes pensées se divisaient en deux , car une partie de moi était formellement opposée à ce dîner et l'autre attendait avec impatience son arrivée pour le revoir, enfin. La vaisselle finie je descendis au jardin m'installer au pied du grand peuplier, pour réfléchir en paix. Comment refuser ? De toute façon, connaissant ma mère elle avait dû s'empresser d'accepter l'invitation. Trop heureuse que je sorte un peu, même s'il ne s'agissait que de faire deux pas jusqu'à la maison d'à côté. Je regardais le balcon de ma chambre et puis celui de sa maison, parallèle l'un à l'autre, quand je le vis. Il était tapis dans l'ombre et je sentis son regard posé sur moi. Depuis combien de temps était-il adossé ,là, à m'observer ? Il s'avança jusqu'à l'extrémité du balcon avec une lumière rougeâtre qui le suivait. En plissant les yeux je devinais les contours d'une cigarette, depuis quand fumait-il ? Dans notre vie déjà si courte, dans laquelle on avait si peu de temps pour tout vivre, il parvenait à rester séduisant en écourtant la sienne. Mon c½ur fit un bond hors de ma poitrine lorsque ses yeux se posèrent sur moi, ses traits détendus avait quelque chose d'irréels. Il savait que j'étais de retour bien sûr, mais ma présence ne comptait pas à ses yeux. Tout comme ce jardin, je n'étais qu'un tableau qu'il se contentait d'étudier, avant de s'en désintéresser. L'éclat de la lune montante fit briller ses yeux et je m'arrachai à la contemplation béate, dans laquelle je m'étais plongée.
- Ma chérie, Sophie au téléphone pour toi !, chantonna ma mère en agitant le téléphone depuis l'entrée.
Je me levai en vitesse et tout en accélérant le pas, je le surveillai du coin de l'½il, il suivait le moindre de mes mouvements jusqu'à la porte vitrée. Je gravis l'escalier et arrivai à sa hauteur sans lui adresser un sourire ou un regard et me jeter sur le portable en fermant soulagée la porte. Ma meilleure amie parlait trop vite et je n'écoutais pas un mot de ce qu'elle me racontait quelques bout de phrases retinrent mon attention : "tu dois venir à..." , " tu sais il y a ...". Je m'excusais auprès d'elle en lui expliquant que je la rappellerai plus tard et que j'allai me doucher. Mon esprit tout entier broyait telle machine infernale, ses yeux sombres qu'il avait daigné poser sur moi. Mon c½ur battait la chamade et mon corps tout entier brûlait. Un incendie s'était déclaré et menaçait de m'engloutir. Je connaissais cette sensation et je me laissai envahir, la moindre parcelle de mon corps succomba à ces retrouvailles, si insignifiantes à ses yeux.
J'avais toujours été là, une part de moi n'avait jamais cessé de penser à lui, durant ces trois cent soixante cinq jours.
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Excusez-moi s'il ne se passe pas grand chose dans ce premier chapitre.
Mais j'espère que vous serez patient parce que le meilleur reste à venir.
Qu'est-ce que vou pensez de la musique ?
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Au moins 150 pour la suite
Bisous =)